L'auteur

André Menras

(Hồ Cương Quyết)

reportage VOA vietnam - français & vietnamien

Depuis son arrivée au Vietnam en pleine guerre américaine en 1968 pour y enseigner le français, l’auteur, fils de paysan du sud de la France, a été marqué par ce pays et par ce peuple au point qu’il en a pris la nationalité et en parle la langue. De la prison politique à Saigon puis ses combats en France et ses films interdits… un demi-siècle d’amour profond et de désillusions sans cesse surmontées par un espoir obstiné. Toujours aux côtés d’un Vietnam qui refuse de perdre une indépendance et une liberté pour lesquelles il a tant donné.


1968 : Un an après sa sortie de l’École normale d’instituteurs de Montpellier, André Menras part au Vietnam enseigner le français au titre de la coopération. La guerre est à son comble, juste après l’offensive générale des forces de libération nationale. Il a 23 ans.

1970 : Il est arrêté et emprisonné à Saigon pour avoir déployé le drapeau du FNL du Sud-Vietnam et diffusé des tracts en vietnamien demandant le retrait des troupes américaines et étrangères.

1973 : Sous la pression de grandes organisations comme le Secours populaire français et Amnesty international, il est libéré et expulsé par le régime de Saigon, quelques jours avant la signature des Accords de Paris.

1973-1974-1975 : Il co-écrit un livre («Nous accusons», paru aux Éditeurs Français Réunis) et fait un tour du monde à l’invitation de différentes associations, syndicats et partis politiques pour témoigner des conditions d’emprisonnement.

1975 : Fin de la guerre. Il reprend son métier d’instituteur dans un petit village de l’Hérault.

1977 : Court retour au Vietnam à l’invitation du gouvernement de  la République Démocratique du Vietnam.

 

2001 : Dans son dossier de fonctionnaire, l’Éducation nationale qualifie ses deux ans et demi de prison de «congé pour suivre son conjoint». Il mène alors un difficile combat pour la reconnaissance officielle par  le gouvernement Fabius de l’action pacifique, politique et humaine qui lui a valu la prison. Après une année de démarches et de mobilisation syndicale et associative, il campe six jours et nuits sur le clocher de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers en décembre. Le gouvernement finit par reconnaître la réalité de son emprisonnement politique. Départ à la retraite.

2002 : Il retourne au Vietnam après 25 ans d'absence. Il est fait Citoyen d’honneur d’Hồ Chí Minh Ville et crée une association franco-vietnamienne d’échanges pédagogiques.

 

2003 : Changement de gouvernement (Raffarin) et remise en cause des engagements pris par le gouvernement Fabius. Après un an de mobilisation et de démarches, il passe 46 jours et nuits sur le clocher de la cathédrale de Béziers. Le gouvernement Raffarin finit à son tour par reconnaître les engagements pris précédemment.

 

De 2003 à 2008 : André Menras multiplie les séjours  au Vietnam.

 

2009 : Il est le premier étranger à recevoir la nationalité vietnamienne des mains du Président de la République M. Nguyễn Minh Triết.

2010 : Avec l’aide de la télévision d’Hồ Chí Minh Ville, il réalise le film documentaire «Hoang Sa Vietnam : la meurtrissure» sur le sort des veuves de pêcheurs vietnamiens agressés par les forces chinoises dans l’archipel des Paracels. Le film est interdit de projection au Vietnam pour des raisons de bonnes relations entre le Parti communiste chinois et le Parti communiste vietnamien. Pendant trois ans, ce documentaire ne peut être projeté que de façon militante en France, en Allemagne, en Tchéquie, Pologne… Sous la pression de l’opinion à l’intérieur et à l’extérieur du Vietnam et à l’occasion  d’une agression chinoise en 2014, il a finalement été présenté, bien que de façon confidentielle, à Hà Nội, Đà Nẵng et Hồ Chí Minh Ville…

 

2017 : André Menras réalise un autre film, comme une suite du premier, avec un équipage de pêcheurs-plongeurs vietnamiens dans l’archipel des Paracels interdit par les Chinois.

2019 : Revenu au Vietnam avec le projet de réaliser un nouveau film sur l'archipel des îles Spratleys menacé par les avancées maritimes et aériennes de Pékin, André Menras est accueilli à Saïgon par ses amis du club Lê Hiếu Đằng. A la sortie de leur réunion, un poète membre du club est arrêté par la police politique. L'auteur décide alors de réaliser un nouveau film pour dénoncer le régime policier du Parti unique au pouvoir: "Vietnam: un cri qui vient de l'intérieur"

Quelques écrits de l’auteur :

- «Rescapés des bagnes de Saigon, nous accusons» Editeurs Français Réunis, 1973.

- «Laos, Cambodge et Viêtnam : premiers dominos de l’expansionnisme chinois ?» by André Menras in Recherches internationales N°86, avril-juin 2009.

http://www.recherches-internationales.fr/RI86_pdf/RI86_MENR_pdf.pdf

- «André Menras : "tâches d’huile" et "coups de bélier. L’affaire de la plateforme de forage chinoise».  Mémoires d’Indochine

https://indomemoires.hypotheses.org/tag/andre-menras

- «Mer du Sud-Est asiatique : Chronique d’un hold-up annoncé» par André Menras in Mélanges Charles Fourniau. Ed. Indes Savantes.

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